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TRAD Magazine

TRAD Magazine - N°156 JUILLET / AOUT 2014

 

Soyons bref !
Il y a presque trente-cinq ans, j’y ai cru grâce à une personne unique, Maurice Fleuret. Avec cet homme, on parlait de musique, de toutes les musiques. L’avenir semblait radieux, ouvert. Mais après sa disparition trop rapide, le piège s’est refermé. L’administration et autres “décideurs” ont repris leur tique : il y a la musique classique, la vraie, et les autres. Les gentils qui font joujou ! Aujourd’hui, arrêtons de nous faire balader… « Il serait temps ! », direz-vous. Alors, incontournables décideurs qui souvent, au lieu d’accompagner les acteurs et les musiciens, se prennent pour d’intouchables directeurs artistiques, il est temps de prendre des décisions pourdonner de l’air au milieu des musiques du monde. Qui, comme les autres, ont besoin de signes forts.
Quoi ? Comment ? Il n’y a plus d’argent ! Bon, parlons sous. Demandons-nous quand le scandale de la Philharmonie va être vraiment analysé et révélé. Je me répète : appel d’offre à 100 millions d’euros, avec aujourd’hui une note qui sera certainement de plus de 400 millions d’euros, si l’on compte les coûts des crédits en cours. Et je ne parle pas du fonctionnement, qui reste plutôt secret mais qui sera allègrement entre 3 et 5 millions par mois !!! C’est pour le rayonnement culturel de la France. Silence dans les rangs. Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire : Boulez - Bouygues - Nouvel. Alors, arrêtez de ne rien faire, chers amis décideurs et fixeurs de caps pour les autres. Voilà quelques propositions simples et indispensables :
- Remettre en route l’important Centre d’information des musiques du monde, par exemple au sein de la FAMDT. Au passage, un mois de Philharmonie serait donc égal au minimum à entre trente et cinquante ans de fonctionnement d’un Centre d’information. Non, pas ça, argument populiste. Ah bon, pardon.
- Création de programmes d’une demi-heure par jour sur France Musique et d’une heure par semaine sur France Inter. Pour mettre en avant les artistes ainsi que les productions des différents courants des musiques du monde. Ah oui : cela ne coûte rien.
- Création de lieux, au moins trois, permettant les résidences et le travail de création des musiciens.
- Qu’il y ait au moins en France une Smac dédiée aux musiques du monde.
Et puis, à une époque des bilans, ce serait important d’évaluer l’inspecteur que nous avons la chance d’avoir sur notre secteur… Peut-être que ce poste n’est plus nécessaire. L’a-t-il été un jour ? Oh, ce serait une source d’économie. Tout autre discours serait, comme on dit dans le langage populaire, du baratin ? De l’enfumage ?
Philippe Krümm


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